Holding de reprise vs acquisition directe : intérêts déductibles, régime mère-fille à 1,25 %, effet de levier. Comparatif complet LBO, MBO, OBO avec exemple chiffré à 4,5 M€.
Holding de reprise et LBO : comment l’acquéreur structure son rachat pour optimiser le financement
Alexis Dumont, 42 ans, acquiert Neopix auprès de Marc Beaulieu pour 4 500 000 €. Il finance 70 % par emprunt bancaire, soit 3 150 000 € sur 10 ans à 4,5 %. Annuité : ~395 000 €/an. Deux scénarios s’offrent à lui : acquisition directe ou acquisition via une SAS Holding de reprise.
Scénario 1, Acquisition directe
Alexis emprunte en nom propre. Les intérêts ne sont pas déductibles fiscalement. Les dividendes reçus de Neopix pour rembourser le crédit subissent le PFU (30 % depuis LFSS 2026) avant d’atteindre son compte. Pour couvrir l’annuité de 395 000 €, Neopix doit distribuer environ 564 000 € bruts. L’effet de levier est minimal et le coût fiscal est maximal.
Scénario 2, Acquisition via holding de reprise (LBO)
La holding SAS emprunte et rachète les titres. Les intérêts d’emprunt sont déductibles du résultat de la holding. Les dividendes remontés de Neopix bénéficient du régime mère-fille (quote-part de frais et charges de 5 %, soit environ 1,25 % de frottement fiscal réel sur les dividendes). La holding peut également intégrer fiscalement la filiale rachetée (intégration fiscale à partir de 95 % de détention).
Comparatif des deux scénarios
| Acquisition directe | Acquisition via holding (LBO) | |
| Déductibilité des intérêts | Non | Oui (résultat fiscal holding) |
| Fiscalité dividendes reçus | PFU 30 % (PP) | 1,25 % (régime mère-fille) |
| Dividendes bruts nécessaires pour annuité de 395 k€ | environ 564 000 €/an | environ 400 000 €/an |
| Effet de levier | Faible | Elevé |
| Economie annuelle | — | environ 164 000 €/an sur 10 ans |
Les déclinaisons du LBO
- MBO (Management Buy Out) : rachat par les dirigeants et/ou salariés existants.
- RES (Reprise d’Entreprise par les Salariés) : rachat par les salariés avec avantages fiscaux spécifiques.
- LBU (Leveraged Build-up) : rachats successifs d’entreprises concurrentes pour créer des synergies.
- OBO (Owner Buy Out) : le dirigeant monétise une partie de ses titres tout en restant en poste. Il vend à une holding qu’il créé avec un coinvestisseur, récupère du cash, et reste aux commandes.
Il ne se subit pas.
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Préalable absolu : le LBO nécessite une capacité distributive suffisante de la société cible. Si Neopix ne génère pas assez de dividendes pour financer les annuités de la holding, le schéma devient intenable. L’analyse des flux de trésorerie de la cible (DSCR : Debt Service Coverage Ratio) est préalable à toute structuration.



