Quand on structure un groupe, la holding sert généralement à deux choses :
- se rémunérer
- investir
Très souvent, elle détient une ou plusieurs sociétés commerciales (SAS, SARL, SEL, etc.) et devient le centre de pilotage du patrimoine professionnel.
Mais le choix de la forme juridique de la holding n’est pas neutre.
I. La holding en SARL, efficace… mais avec une contrainte majeure
La SARL est souvent choisie pour une raison simple :
le gérant est TNS.
Cela permet :
- une rémunération plus souple,
- des charges sociales plus faibles que l’assimilé salarié,
- une optimisation via Madelin / PER, etc.
Mais il existe un point sensible.
Dans une SARL soumise à l’IS, les dividendes versés au gérant majoritaire sont soumis aux charges sociales au-delà de 10 % :
Du capital social :
- des primes d’émission
- des comptes courants d’associés
Résultat ?
Si le capital est faible, la majorité des dividendes basculent dans l’assiette sociale.
Pour limiter cela, beaucoup réalisent un apport en nature important afin d’augmenter le capital.
Mais cela implique :
- un commissaire aux apports
- des frais juridiques
- une complexité supplémentaire
Et le coût peut vite grimper.
II. La holding en SAS, la souplesse des charges élevées
En SAS, les dividendes ne supportent pas de charges sociales.
En revanche, le président est assimilé salarié :
- cotisations sociales plus élevées sur la rémunération
- moins d’optimisation sociale
La SAS est donc très souple pour percevoir des dividendes,
mais moins intéressante pour se rémunérer régulièrement.
III. La holding en société civile (SC) : le double intérêt
La société civile offre une alternative intéressante.
Elle permet :
- de se rémunérer en tant que gérant TNS
- et de percevoir des dividendes sans charges sociales
Pourquoi ?
Parce que la société civile n’est pas une société commerciale.
Les dividendes perçus ne tombent pas dans le même régime social que celui de la SARL.
Résultat :
- Vous gardez l’intérêt du statut TNS pour votre rémunération
- Vous évitez la problématique des 10 % sur les dividendes
C’est un véritable outil de pilotage.
Autre avantage :
Dans la plupart des cas, la société civile n’impose pas de commissaire aux apports pour un apport en nature (sauf cas spécifiques).
- Le juridique est plus léger.
- Le coût de mise en place est généralement inférieur.
- La gestion est plus simple.
Au-delà de la rémunération, la holding en SC permet :
- de remonter les dividendes des filiales
- d’investir la trésorerie
- de financer des projets
- d’acquérir de nouveaux actifs
Elle devient un outil de capitalisation pour investir dans l’immobilier, le private equity, des produits structurés ou encore des placements décorrélés des marchés financiers.



