Succession, combien vont réellement payer vos enfants ?

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Pierre COQUANTIF
Sommaire

C’est une question que beaucoup évitent.

Pourtant, la réponse peut varier de 0 €… à plusieurs centaines de milliers d’euros selon la structuration mise en place.

Comprendre les règles permet déjà d’éviter les mauvaises surprises.

I. L’abattement de 100 000 € par enfant et par parent

En ligne directe, chaque parent dispose d’un abattement de 100 000 € par enfant.

Cela signifie :

  • Un parent peut transmettre 100 000 € à chaque enfant sans droits.
  • Un couple peut transmettre 200 000 € par enfant sans fiscalité.

Ces abattements se renouvellent tous les 15 ans en cas de donation.

Mais au décès, si aucune stratégie n’a été mise en place en amont, tout le patrimoine est analysé en une seule fois.

II. La résidence principale, un abattement spécifique

Au premier décès, lorsque le conjoint survivant occupe la résidence principale, la valeur du bien bénéficie d’un abattement de 20 %.

C’est un point souvent méconnu.

Par ailleurs, depuis la loi TEPA de 2007 :

  • Le conjoint survivant marié ne paie aucun droit de succession.
  • Le partenaire pacsé est également exonéré, à condition qu’un testament ait été rédigé.

Autrement dit, la fiscalité se concentre principalement au second décès, au moment de la transmission aux enfants.

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III. Les droits de succession, comment cela se calcule ?

Au-delà des abattements, les droits en ligne directe sont progressifs.

Le taux atteint rapidement :

  • 20 % jusqu’à environ 550 000 € transmis par enfant,
  • puis 30 %,
  • puis 40 %,
  • et jusqu’à 45 % au-delà des tranches supérieures.

Ces seuils sont vite atteints dès lors que le patrimoine comprend :

  • un ou plusieurs biens immobiliers,
  • une résidence principale valorisée,
  • des placements financiers.

Un patrimoine de 1,5 à 2 millions d’euros peut générer une fiscalité significative si rien n’a été anticipé.

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IV. Le cas du crédit immobilier

Un point important à intégrer :

En cas de décès, l’assurance emprunteur rembourse tout ou partie du prêt en cours, selon la quotité assurée.

La valeur retenue dans la succession est donc :

  • la valeur du bien,
  • diminuée du capital restant dû (si le prêt n’est pas totalement couvert),
  • ou nette de dette si l’assurance solde le crédit.

Cela peut réduire la base taxable, mais ne supprime pas nécessairement les droits.

Les questions à se poser sont les suivantes…

La question n’est pas :
“Y aura-t-il des droits de succession ?”

Il y en aura presque toujours au second décès.

La vraie question est :

  • Avez-vous utilisé les abattements de votre vivant ?
  • Avez-vous anticipé avec des donations ?
  • Avez-vous structuré via assurance-vie, démembrement, pacte Dutreil si vous avez une entreprise ?
  • Avez-vous organisé la liquidité nécessaire pour que vos enfants ne soient pas contraints de vendre ?
Conclusion

Sans anticipation, la fiscalité successorale peut représenter 20 %, 30 % voire davantage de la valeur transmise.

Avec une stratégie adaptée, il est possible de réduire fortement l’impact.

Transmettre, ce n’est pas seulement accumuler.

C’est organiser.

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